le cœur du sujet
Deux professionnels, deux réponses : pourquoi ce site affiche une fourchette
Ce que nous avons mesuré en comparant deux tables de puissances publiées par des professionnels du secteur, et ce que nous en avons fait.
Ce que nous cherchions au départ et ce que nous avons trouvé à la place
Le point de départ paraissait simple. Nous cherchions une réponse nette à une question banale : quelle puissance retenir pour les appareils d’une maison quand on dimensionne un groupe électrogène ? Nous avons donc regardé ce que publient des professionnels, en espérant retrouver une même base de calcul, ou au moins des écarts limités.
Nous avons trouvé autre chose. Deux tables professionnelles existent sur ce sujet : celle de Promeca et celle de Mabeo Industries. Elles publient toutes les deux des puissances d’appareils domestiques. Mais dès qu’on met leurs lignes face à face, les divergences apparaissent partout.
Sur les quatorze appareils présents dans les deux tables, les quatorze ont une puissance en marche différente selon la source. Les quatorze ont aussi une puissance de démarrage différente selon la source. Et, parmi ces quatorze appareils, huit ont également un coefficient de démarrage différent d’une table à l’autre.
Autrement dit, le désaccord n’est pas marginal. Il ne porte pas sur une ligne isolée, ni sur un cas particulier. Il traverse l’ensemble du relevé commun. Cela change tout pour un site comme Plan de Charge. Si deux professionnels publient deux chiffres différents pour le même appareil, nous n’avons pas le droit d’effacer ce désaccord par commodité.
Les deux sources, d’ailleurs, bornent elles-mêmes la portée de leurs tableaux. Promeca précise : « Valeurs données à titre indicatif, pour connaître la puissance continue (nominale) exacte. Veuillez vous reporter à la plaque constructeur figurant sur vos appareils. » Mabeo Industries place ses chiffres sous la mention « Données à titre indicatif ». Ce sont donc des repères publiés par des professionnels, pas des vérités universelles valables pour tous les appareils d’une catégorie.
La conséquence est directe : si nous voulons rester fidèles aux sources, nous ne pouvons pas fabriquer un chiffre unique qui donnerait l’illusion d’une certitude que les sources ne publient pas elles-mêmes.
Le relevé, appareil par appareil, et son résultat chiffré
Le relevé comparatif montre des écarts concrets, pas seulement une divergence abstraite entre deux tableaux.
Pour le réfrigérateur, Promeca publie 600 W en marche et 1 800 W au démarrage. Mabeo Industries publie pour ce même appareil 400 W en marche et 1 200 W au démarrage. La différence existe donc sur les deux valeurs, pas uniquement au démarrage.
Pour le sèche-linge, Promeca indique 2 000 W et 3 000 W au démarrage. Mabeo Industries indique 2 400 W et 7 200 W au démarrage. Ici, l’écart est encore plus visible. La valeur retenue ne change pas seulement un détail de calcul. Elle peut déplacer fortement le total selon la table suivie.
La friteuse montre un autre problème : les deux professionnels ne publient pas exactement la même désignation d’appareil. Promeca donne la friteuse à 1 600 W. Mabeo Industries donne une friteuse de 7 litres à 4 100 W. Les deux lignes parlent bien d’une friteuse, mais pas avec le même niveau de précision. Là encore, un site sérieux ne peut pas faire semblant que les chiffres sont interchangeables.
Le résultat chiffré du relevé commun tient en trois constats simples.
- 14 appareils sur 14 ont une puissance en marche différente entre Promeca et Mabeo Industries.
- 14 appareils sur 14 ont une puissance de démarrage différente entre Promeca et Mabeo Industries.
- 8 appareils sur 14 ont aussi un coefficient de démarrage différent entre Promeca et Mabeo Industries.
Ce relevé suffit à écarter deux mauvaises habitudes très répandues. La première consiste à prendre une somme de watts puis à lui appliquer un coefficient unique, quel que soit l’appareil. Les tables professionnelles ne travaillent pas ainsi : elles publient des valeurs appareil par appareil, et parfois des coefficients différents selon les lignes. La seconde consiste à croire qu’une puissance de démarrage peut se résumer à une simple opération générale sur l’ensemble d’une liste. Les sources disponibles montrent au contraire que les écarts se jouent précisément à la ligne, appareil par appareil.
Quand le sujet du démarrage vient sur la table, un autre refus du site doit être rappelé clairement : le courant d’appel est une grandeur en ampères. Il ne se déduit pas d’une puissance exprimée en watts, et le facteur de puissance se dégrade au démarrage. C’est pour cela que Plan de Charge ne convertit jamais des watts en ampères et ne contourne jamais cette limite par un chiffre inventé.
La troisième source, qui publie une règle sans publier de table, et le problème que cela pose
Une troisième source apparaît souvent dans les recherches : Kiloutou. Elle ne publie pas de table d’appareils. Elle publie une règle de calcul, formulée ainsi : « vous devez donc additionner la puissance de tous les appareils que vous souhaitez raccorder et multipliez le tout par 1,20. »
Le problème ne vient pas de l’existence d’une règle. Le problème vient du fait que Kiloutou ne publie aucune puissance d’appareil pour l’appliquer. Il manque donc la matière première du calcul. Pour utiliser cette règle, il faut forcément aller chercher les puissances ailleurs, chez Promeca ou chez Mabeo Industries, ou dans une autre table.
À partir de là, le résultat dépend immédiatement de la table empruntée. Si vous prenez les lignes de Promeca, vous obtenez un total construit sur les chiffres de Promeca. Si vous prenez les lignes de Mabeo Industries, vous obtenez un autre total, construit sur les chiffres de Mabeo Industries. Comme les deux tables divergent sur les appareils qu’elles ont en commun, la règle de Kiloutou ne supprime pas le désaccord initial. Elle se contente de le déplacer dans une étape précédente, celle du choix des puissances de départ.
C’est exactement pour cette raison que le site signale chaque fois qu’il applique cette règle avec des puissances provenant d’une autre table. Sans cette précision, le lecteur pourrait croire que le chiffre final est « celui de Kiloutou », alors qu’il dépend en réalité des valeurs empruntées à une autre source. Ce serait trompeur.
Cette troisième source pose donc un problème de traçabilité. Une règle sans table ne suffit pas à produire un résultat autonome. Et si la base de départ varie, le résultat varie aussi. Là encore, il faut nommer les sources au lieu de les mélanger.
Ce que nous avons décidé de faire : sommer chaque table de son côté, nommer les totaux, refuser la moyenne
Face à ces divergences, nous avons pris une décision simple : suivre chaque table jusqu’au bout, séparément. L’outil du site additionne les lignes de Promeca d’un côté et celles de Mabeo Industries de l’autre. Il ne mélange pas les colonnes. Il ne prélève pas une ligne chez l’un et une ligne chez l’autre pour fabriquer un tableau hybride. Il somme chaque source ligne à ligne, puis affiche les deux totaux côte à côte en les nommant.
Ce choix a une conséquence pratique forte : le site affiche une fourchette bornée par des totaux réellement publiés. La borne basse vient d’un total construit sur une table publiée. La borne haute vient d’un total construit sur une autre table publiée. Ce ne sont pas des valeurs inventées entre les deux.
C’est aussi pour cela que nous refusons la moyenne. Faire la moyenne de deux chiffres contradictoires ne résout pas la contradiction. Cela produit un troisième chiffre que ni Promeca ni Mabeo Industries ne publient. Une moyenne a l’air rassurante parce qu’elle réduit deux réponses à une seule. Mais cette réponse unique n’appartient à aucune source. Sur un sujet où un sous-dimensionnement peut empêcher un appareil de démarrer, cette fausse précision est pire qu’une fourchette assumée.
Le site refuse aussi d’appliquer un coefficient unique à une somme globale de watts. Les tables professionnelles publient leurs propres valeurs, appareil par appareil. Quand elles divergent, le rôle du site n’est pas de les aplatir sous une règle générale qu’elles ne publient pas de la même manière.
Un autre point compte beaucoup pour l’honnêteté du résultat : la couverture de la table. Quand une source ne publie pas tous les appareils cochés, l’outil n’affiche aucun total pour elle. Il indique seulement combien d’appareils sur combien cette table couvre. Là encore, l’idée est simple : un total incomplet présenté comme complet serait une erreur. Si une table ne couvre pas toute votre sélection, elle ne peut pas servir à produire un total de cette sélection entière.
Ce que cela veut dire pour vous, très concrètement, quand vous choisissez un modèle
Concrètement, une fourchette ne veut pas dire que le site hésite. Elle veut dire que les professionnels publiant les données ne disent pas la même chose, et que cette divergence a été conservée au lieu d’être masquée.
Si votre sélection d’appareils est couverte par Promeca et par Mabeo Industries, vous verrez deux totaux nommés, puis une fourchette qui en reprend les bornes. Ce n’est pas un manque de réponse. C’est la forme correcte de la réponse quand les sources divergent partout sur le relevé commun.
Si une seule des deux tables couvre tous les appareils que vous avez cochés, vous n’aurez pas deux totaux complets. Le site l’indiquera. Il ne remplira pas le trou avec une estimation maison. Il ne prendra pas un appareil manquant chez l’autre source pour « finir » le calcul. Là encore, une absence déclarée vaut mieux qu’un faux total.
Pour choisir un modèle, cela vous oblige à regarder une plage de puissance publiée plutôt qu’un chiffre unique fabriqué. Cette plage est plus honnête. Elle montre l’écart réel entre deux bases professionnelles. Elle vous évite aussi de croire qu’un total très précis serait objectivement établi, alors que les lignes de départ ne le sont pas.
Il faut enfin lire la fourchette pour ce qu’elle est : le produit de tables indicatives. Promeca le dit explicitement en renvoyant à la plaque constructeur pour connaître la puissance continue exacte. Mabeo Industries annonce aussi des données indicatives. Le site ne tranche donc pas à la place des sources. Il les reproduit, les compare, et montre leur désaccord quand il existe.
Ce que vous gagnez avec cette méthode est simple : vous savez d’où vient chaque chiffre, vous savez quand les sources se contredisent, et vous savez qu’aucune moyenne n’a été glissée au milieu pour donner un faux sentiment de certitude. Pour l’installation électrique elle-même, le raccordement et le reste relèvent d’un électricien.
Plan de Charge préfère une fourchette sourcée à un nombre unique sans auteur. Sur ce sujet, c’est la différence entre un calcul traçable et une approximation maquillée en réponse nette.
Ce que votre liste demande, en watts
Cochez ce que vous voulez faire tourner. Les puissances viennent de deux tables professionnelles, citées : Promeca et Mabeo Industries. Elles ne disent pas la même chose, et l’outil ne choisit pas à leur place.
Ce que les professionnels publient pour cette liste : de 5 000 W à 7 000 W au moment où tout démarre. Cet écart n’est pas une imprécision de notre part : c’est la distance entre deux méthodes professionnelles, reproduites telles quelles.
| Source | En marche | Au démarrage coefficient de chaque appareil |
|---|---|---|
| Promeca | 3 100 W | 7 000 W |
| Mabeo Industries | 3 400 W | 5 000 W |
Ce que Promeca dit de ses propres valeurs : « Valeurs données à titre indicatif, pour connaître la puissance continue (nominale) exacte. Veuillez vous reporter à la plaque constructeur figurant sur vos appareils. » Nous n’avons aucune raison d’être plus affirmatifs que la source.
Où poser le groupe : dehors. Les services de l’État demandent de « placer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments », et le ministère de la Transition écologique range le fait de « faire fonctionner un groupe électrogène à l’intérieur » parmi les gestes à ne pas faire. Un groupe thermique rejette du monoxyde de carbone : un garage, une cave ou un abri fermé ne conviennent pas, même porte entrouverte.
Combien de temps il tiendra
Ce calcul-là est de l’arithmétique pure : un réservoir divisé par une consommation. Les deux valeurs se lisent sur la notice de votre groupe, à un régime donné ; nous ne les préremplissons pas, parce que nous ne les connaissons pas.
Renseignez les deux valeurs, lues sur la notice de votre groupe.
Les sources de cette page
- Promeca — table des puissances et coefficients de démarrage, relevée le 3 août 2026.
- Mabeo Industries — puissances par pièce et facteurs multiplicateurs, relevée le 3 août 2026.
- Kiloutou — règle de calcul de la puissance, relevée le 3 août 2026.