le cas limite
Éclairage : 500 W chez l’un, 10 W chez l’autre, et les deux ont raison
Le cas où les deux tables ne décrivent pas le même objet — et ce qu’il apprend sur la façon de lire n’importe quelle table de puissances.
Le chiffre qui saute aux yeux quand on met les deux tables côte à côte
La divergence est brutale. Promeca publie « Eclairage ampoule » à 500 W et « Eclairage néon » à 500 W, avec un coefficient de 2 pour le néon. Mabeo Industries publie « Éclairage LED » à 10 W. Entre 500 W chez Promeca et 10 W chez Mabeo Industries, l’écart est tel qu’on pourrait croire à une erreur. Ce n’en est pas une.
Les deux éditeurs ne parlent pas du même objet. C’est le point décisif. La table de Promeca ne vise pas la même unité de calcul que celle de Mabeo Industries. Si l’on aligne les chiffres sans regarder ce qui est réellement désigné par la ligne, on fabrique une contradiction artificielle. Les nombres, eux, sont cohérents avec leur propre découpage.
Plan de Charge ne tranche pas entre les deux, parce qu’il n’y a pas de choix à imposer ici. Il faut d’abord lire ce que chaque ligne représente. Promeca indique d’ailleurs lui-même que ses valeurs sont seulement indicatives et renvoie à la plaque constructeur pour la puissance continue exacte. Mabeo Industries présente aussi ses chiffres comme des « Données à titre indicatif ». Les deux sources bornent clairement la portée de leur tableau.
Ce que chacune compte réellement derrière le mot « éclairage »
Chez Promeca, « Eclairage ampoule » à 500 W et « Eclairage néon » à 500 W ne renvoient pas à une seule source lumineuse prise isolément. D’après les données fournies, Promeca compte un circuit d’éclairage. La ligne vise donc un ensemble alimenté comme un poste de consommation, pas une lampe considérée une par une.
Chez Mabeo Industries, « Éclairage LED » à 10 W décrit autre chose. D’après les mêmes données, Mabeo Industries compte une source. La ligne renvoie donc à un point lumineux pris individuellement, pas à un circuit entier.
Cette différence suffit à expliquer l’écart. D’un côté, une ligne agrège un usage plus large. De l’autre, une ligne isole un élément unitaire. Les deux tableaux peuvent donc afficher des nombres très éloignés tout en restant justes chacun dans leur cadre.
Le cas du néon chez Promeca le montre encore plus nettement. Promeca publie 500 W pour « Eclairage néon » et y associe un coefficient de 2. Plan de Charge n’applique jamais un coefficient unique à une somme de watts, justement parce que les tableaux professionnels publient leurs propres coefficients selon les appareils. Ici, le seul coefficient que l’on peut citer est celui que Promeca publie pour sa ligne « Eclairage néon ». Rien de plus.
Il faut aussi éviter un autre piège : vouloir convertir ces puissances en ampères ou en déduire un courant d’appel chiffré. Plan de Charge ne le fait jamais. Le courant d’appel est une grandeur en ampères ; il ne se déduit pas d’une puissance en watts, et le facteur de puissance s’effondre au démarrage. Sur cette page, les chiffres restent donc à leur place : des puissances publiées par des sources précises.
Pourquoi ce cas n’est pas une erreur mais une différence de découpage, et comment le reconnaître ailleurs
Une table n’est pas seulement une suite de nombres. C’est aussi une manière de ranger les usages. C’est exactement ce qui se passe ici. Promeca découpe l’éclairage comme un circuit. Mabeo Industries découpe l’éclairage comme une source. Les valeurs ne sont pas interchangeables, parce que les catégories ne le sont pas.
On reconnaît ce type d’écart à un signe simple : le mot générique semble identique, mais l’échelle implicite change. « Éclairage » peut désigner un ensemble complet ou un seul élément. Si l’on ne repère pas ce changement d’échelle, on croit comparer la même chose alors que l’on compare deux niveaux différents de description.
Autre indice utile : la formulation même des lignes. « Eclairage ampoule » et « Eclairage néon » chez Promeca sont des libellés qui se lisent comme des postes d’usage dans une installation. « Éclairage LED » chez Mabeo Industries se lit comme un type de source. Ce n’est pas une preuve absolue à lui seul, mais ici les données fournies confirment bien cette différence de portée.
Il faut donc résister à deux réflexes fréquents. Le premier consiste à déclarer qu’un des tableaux est faux parce que son chiffre paraît trop haut ou trop bas. Le second consiste à calculer une moyenne entre les deux pour obtenir un nombre « raisonnable ». Plan de Charge ne fait jamais cela. Une moyenne entre 500 W publiés par Promeca et 10 W publiés par Mabeo Industries fabriquerait un troisième chiffre que personne ne publie. Quand deux professionnels divergent, la bonne sortie n’est pas une moyenne. Ici, la bonne lecture est plus simple : ils ne parlent pas du même objet.
La conséquence pratique quand on remplit une liste d’appareils
La conséquence est directe : il ne faut pas mélanger des lignes qui ne comptent pas la même unité. Si votre liste d’appareils est construite poste par poste, une ligne de Promeca qui représente un circuit d’éclairage n’a pas le même rôle qu’une ligne de Mabeo Industries qui représente une source LED. Les additionner comme si elles décrivaient chacune « une lampe » ou chacune « tout l’éclairage » fausse la base de calcul.
La bonne discipline consiste à choisir, pour chaque ligne de votre liste, l’objet réel que vous êtes en train de compter. Est-ce un circuit entier d’éclairage, comme chez Promeca ? Ou une source LED prise individuellement, comme chez Mabeo Industries ? Tant que cette question n’est pas tranchée pour la ligne concernée, le chiffre n’est pas exploitable correctement.
Deux erreurs reviennent souvent :
- prendre 500 W chez Promeca comme si cela décrivait forcément une seule source lumineuse ;
- prendre 10 W chez Mabeo Industries comme si cela couvrait d’emblée tout un circuit d’éclairage.
Dans les deux cas, le problème n’est pas le chiffre publié. Le problème est le mauvais niveau de comptage. Une liste d’appareils fiable ne commence pas par l’addition ; elle commence par l’identification correcte de ce que chaque ligne représente.
Et si l’information manque, il faut l’écrire franchement. Mieux vaut une ligne laissée en attente qu’une ligne remplie avec un chiffre sorti de son contexte. Promeca le rappelle en renvoyant à la plaque constructeur pour la puissance continue exacte. Mabeo Industries précise aussi que ses données sont indicatives. Ces réserves ne sont pas accessoires : elles indiquent au lecteur qu’un tableau aide à cadrer, pas à deviner ce qui n’est pas décrit.
La question à se poser devant toute ligne d’un tableau de puissances
La bonne question n’est pas d’abord « combien de watts ? ». La première question est : qu’est-ce que cette ligne compte exactement ?
Sur l’éclairage, cette question change tout. Chez Promeca, la ligne compte un circuit d’éclairage, avec 500 W pour « Eclairage ampoule » et 500 W pour « Eclairage néon », plus un coefficient de 2 pour le néon. Chez Mabeo Industries, la ligne « Éclairage LED » compte une source à 10 W. Les deux ont raison parce que l’objet compté n’est pas le même.
Cette question protège contre les faux rapprochements, contre les additions incohérentes et contre les moyennes inventées. Elle oblige à regarder le périmètre réel de la ligne avant de reprendre le chiffre. C’est le réflexe le plus utile quand on remplit une liste sous contrainte de temps.
Si la ligne ne dit pas clairement si elle vise un appareil, un circuit ou une source, il faut le considérer comme une information manquante. Plan de Charge ne comble pas ce vide par une supposition. Une phrase absente vaut mieux qu’une phrase fausse. Avec l’éclairage, l’écart entre Promeca et Mabeo Industries le montre très bien : ce ne sont pas deux réponses à la même question. Ce sont deux réponses à deux objets différents, rangés sous un mot qui paraît identique.
Ce que votre liste demande, en watts
Cochez ce que vous voulez faire tourner. Les puissances viennent de deux tables professionnelles, citées : Promeca et Mabeo Industries. Elles ne disent pas la même chose, et l’outil ne choisit pas à leur place.
Ce que les professionnels publient pour cette liste : de 5 000 W à 7 000 W au moment où tout démarre. Cet écart n’est pas une imprécision de notre part : c’est la distance entre deux méthodes professionnelles, reproduites telles quelles.
| Source | En marche | Au démarrage coefficient de chaque appareil |
|---|---|---|
| Promeca | 3 100 W | 7 000 W |
| Mabeo Industries | 3 400 W | 5 000 W |
Ce que Promeca dit de ses propres valeurs : « Valeurs données à titre indicatif, pour connaître la puissance continue (nominale) exacte. Veuillez vous reporter à la plaque constructeur figurant sur vos appareils. » Nous n’avons aucune raison d’être plus affirmatifs que la source.
Où poser le groupe : dehors. Les services de l’État demandent de « placer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments », et le ministère de la Transition écologique range le fait de « faire fonctionner un groupe électrogène à l’intérieur » parmi les gestes à ne pas faire. Un groupe thermique rejette du monoxyde de carbone : un garage, une cave ou un abri fermé ne conviennent pas, même porte entrouverte.
Combien de temps il tiendra
Ce calcul-là est de l’arithmétique pure : un réservoir divisé par une consommation. Les deux valeurs se lisent sur la notice de votre groupe, à un régime donné ; nous ne les préremplissons pas, parce que nous ne les connaissons pas.
Renseignez les deux valeurs, lues sur la notice de votre groupe.
Les sources de cette page
- Promeca — table des puissances et coefficients de démarrage, relevée le 3 août 2026.
- Mabeo Industries — puissances par pièce et facteurs multiplicateurs, relevée le 3 août 2026.