le palier courant
Groupe électrogène 3000 W : ce qu’il alimente, selon qui publie les puissances
Ce qu’un groupe de 3 000 W permet d’alimenter — la réponse dépend de la table de puissances que l’on consulte.
Pourquoi la question « qu’est-ce que ça alimente » n’a pas une réponse mais deux, et d’où vient l’écart
Pour un groupe électrogène annoncé à 3000 W, la bonne question n’est pas seulement « qu’est-ce que ça alimente ? ». La vraie question est : selon quelle table de puissances ? Sur les appareils domestiques courants, deux sources professionnelles publient des chiffres, Promeca et Mabeo Industries. Et elles ne publient pas la même chose.
L’écart n’est pas marginal. Sur les 14 appareils que les deux tables ont en commun, les 14 reçoivent une puissance en marche différente selon la source. Les 14 reçoivent aussi une puissance de démarrage différente. Et pour 8 de ces 14 appareils, le coefficient de démarrage lui-même n’est pas le même. Autrement dit, dès qu’on veut savoir ce qu’un groupe de 3000 W peut réellement faire tourner, il n’existe pas un chiffre unique. Il existe au minimum deux lectures professionnelles, qui ne coïncident pas.
C’est précisément pour cela que Plan de Charge ne fabrique pas une réponse « moyenne ». Entre deux chiffres contradictoires, une moyenne produirait un troisième chiffre que ni Promeca ni Mabeo Industries ne publient. Ce serait commode, mais faux. Le résultat honnête est une fourchette, ou deux scénarios distincts, pas une synthèse inventée.
Il faut aussi séparer deux moments : la marche normale et le démarrage. Un appareil peut paraître compatible en fonctionnement continu et poser problème au démarrage. C’est là que les écarts entre tables deviennent décisifs. Et c’est aussi pour cela que ce site ne convertit jamais des watts en ampères et ne chiffre jamais le courant d’appel : le courant d’appel est une grandeur en ampères, il ne se déduit pas d’une puissance en watts, et le facteur de puissance s’effondre au démarrage.
La conséquence pratique est simple : « 3000 W » ne répond pas à lui seul à la question d’usage. Il faut regarder les appareils un par un, avec la source qui publie leur puissance, puis vérifier si l’ensemble reste sous la limite visée en marche et au moment du lancement.
Une liste domestique ordinaire, chiffrée d’abord avec la table Promeca, puis avec celle de Mabeo Industries
Prenons une liste domestique banale, composée seulement d’appareils pour lesquels les données fournies donnent des chiffres précis : un réfrigérateur, un sèche-linge et une friteuse. Cette liste n’est pas une recommandation d’usage ; elle sert uniquement à montrer ce que change la source choisie.
Avec la table Promeca, le réfrigérateur est donné à 600 W en marche et 1 800 W au démarrage. Le sèche-linge est donné par Promeca à 2 000 W et 3 000 W au démarrage. La friteuse est donnée par Promeca à 1 600 W. Sur cette base, le total en marche atteint déjà 4 200 W. Rien qu’avec ces trois appareils, on est au-dessus de 3000 W en fonctionnement continu selon Promeca.
Avec la table Mabeo Industries, le même exercice change de visage, mais pas dans le sens d’un accord. Mabeo Industries donne le réfrigérateur à 400 W en marche et 1 200 W au démarrage. Le sèche-linge passe à 2 400 W et 7 200 W au démarrage. Et la friteuse n’est plus au même niveau du tout : Mabeo Industries publie une friteuse de 7 litres à 4 100 W. Le total en marche monte alors à 6 900 W pour cette même liste, en prenant les valeurs publiées par Mabeo Industries.
Le point clé n’est pas seulement que les deux totaux dépassent 3000 W. C’est qu’ils le dépassent de façon très différente. Entre 4 200 W selon Promeca et 6 900 W selon Mabeo Industries, on ne parle pas d’un simple écart de présentation. On parle de deux lectures professionnelles distinctes d’une même question.
Le détail des appareils explique cet écart. Pour le réfrigérateur, Promeca est plus haut que Mabeo Industries en marche comme au démarrage. Pour le sèche-linge, Mabeo Industries est plus haut que Promeca, et de très loin au démarrage. Pour la friteuse, les deux sources ne publient pas le même niveau de puissance, Mabeo Industries publiant une friteuse de 7 litres à 4 100 W là où Promeca donne 1 600 W pour une friteuse. Ce n’est donc pas une question de calculateur plus ou moins prudent. Les tables ne décrivent pas la même réalité de la même manière.
Le moment du démarrage, là où l’écart entre les deux tables devient le plus large
C’est au démarrage que la question « qu’est-ce que ça alimente ? » devient la plus fragile. En marche, on peut comparer des totaux. Au démarrage, il faut regarder appareil par appareil, parce que les écarts entre les deux tables s’ouvrent nettement.
Le réfrigérateur en est un bon exemple. Promeca le publie à 1 800 W au démarrage. Mabeo Industries publie le même réfrigérateur à 1 200 W au démarrage. Rien que sur cet appareil, la lecture du besoin initial n’est déjà pas la même.
Le sèche-linge montre encore mieux le problème. Promeca le donne à 3 000 W au démarrage. Mabeo Industries le donne à 7 200 W au démarrage. Ici, l’écart n’est pas un détail. Pour un groupe de 3000 W, la réponse change complètement selon la table retenue. Selon Promeca, le sèche-linge arrive à la limite publiée au démarrage. Selon Mabeo Industries, il la dépasse très largement.
Ce contraste explique pourquoi l’addition des seules puissances en marche ne suffit pas. Une liste qui semble « passer » en fonctionnement continu peut buter au moment précis où un compresseur, un moteur ou un appareil de chauffe se lance. Et comme 8 appareils sur les 14 communs aux deux tables ont aussi un coefficient de démarrage différent, le désaccord ne vient pas seulement des watts en marche. Il vient aussi de la façon dont chaque source décrit le passage entre arrêt et régime établi.
Plan de Charge ne remplace pas ce désaccord par une règle maison. Le site constate seulement ceci : Promeca et Mabeo Industries ne publient pas la même demande au démarrage pour les mêmes familles d’appareils. Si votre choix se joue sur quelques centaines de watts en marche, il peut se jouer sur beaucoup plus au démarrage. C’est souvent là que le sous-dimensionnement apparaît.
La règle de Kiloutou appliquée à la même liste, et pourquoi elle donne la borne basse
Kiloutou publie une règle, pas une table d’appareils : « vous devez donc additionner la puissance de tous les appareils que vous souhaitez raccorder et multipliez le tout par 1,20. » Cette règle ne peut donc jamais être appliquée seule. Comme Kiloutou ne publie aucune puissance d’appareil, il faut nécessairement prendre les puissances ailleurs, chez Promeca ou chez Mabeo Industries. Quand on procède ainsi, Plan de Charge le signale explicitement.
Appliquée à la même liste, cette règle produit forcément deux résultats, puisqu’elle dépend de la table de départ. Si l’on prend les puissances en marche publiées par Promeca pour le réfrigérateur, le sèche-linge et la friteuse, on additionne 600 W, 2 000 W et 1 600 W, puis on applique la règle de Kiloutou. Si l’on prend les puissances en marche publiées par Mabeo Industries pour ces mêmes trois appareils, on additionne 400 W, 2 400 W et 4 100 W, puis on applique la même règle.
Pourquoi parler ici de borne basse ? Parce que la règle de Kiloutou part de la puissance des appareils que vous souhaitez raccorder, puis ajoute une marge uniforme. Elle ne repose pas sur une table de démarrage appareil par appareil. Or les données fournies montrent justement que c’est au démarrage que les deux tables s’écartent le plus, et que les coefficients ne sont pas identiques selon les sources pour une partie des appareils communs.
Autrement dit, la règle de Kiloutou donne une base simple à partir des puissances en marche retenues. Elle ne remplace pas la lecture détaillée des besoins de démarrage publiés par Promeca ou par Mabeo Industries. Sur un appareil comme le sèche-linge, où Promeca publie 3 000 W au démarrage et Mabeo Industries 7 200 W, une marge uniforme appliquée à une somme de watts ne raconte pas tout. Elle donne le plancher du raisonnement, pas son point le plus exigeant.
C’est aussi pour cela que Plan de Charge n’applique jamais de coefficient unique à une somme de watts comme s’il réglait tous les cas. Chaque table professionnelle publie ses propres coefficients, appareil par appareil. La règle de Kiloutou existe, mais elle ne supprime ni les écarts entre sources ni le problème du démarrage.
Le réflexe qui règle le débat pour votre cas précis : la plaque de vos appareils
Quand Promeca et Mabeo Industries divergent, il ne reste qu’un moyen propre de ramener la question à votre situation réelle : regarder la plaque de vos appareils. Promeca borne lui-même la portée de sa table en écrivant : « Valeurs données à titre indicatif, pour connaître la puissance continue (nominale) exacte. Veuillez vous reporter à la plaque constructeur figurant sur vos appareils. »
Cette phrase fixe la bonne hiérarchie. Les tables servent à estimer. Elles ne remplacent pas l’information du matériel que vous possédez. Si votre réfrigérateur n’est pas celui sous-entendu par une table, si votre sèche-linge a une autre puissance, ou si votre friteuse n’a rien à voir avec une friteuse de 7 litres, la réponse utile n’est plus dans une moyenne ni dans une supposition. Elle est sur la plaque constructeur.
- Utilisez les tables Promeca et Mabeo Industries pour cadrer une fourchette.
- Gardez les deux scénarios s’ils divergent.
- Vérifiez ensuite la plaque de chaque appareil concerné.
C’est le réflexe qui évite de choisir un groupe sur une approximation trop optimiste. Et c’est la seule façon de traiter proprement une page comme celle-ci : reproduire ce que publient les professionnels, signaler leurs écarts, puis renvoyer à la plaque de vos appareils quand il faut trancher pour votre cas précis.
Voir les groupes de 3000 W sur Amazon — lien vers une recherche Amazon. Nous ne recommandons aucun modèle en particulier : aucune source ne publie de comparaison que nous puissions reprendre.
Ce que votre liste demande, en watts
Cochez ce que vous voulez faire tourner. Les puissances viennent de deux tables professionnelles, citées : Promeca et Mabeo Industries. Elles ne disent pas la même chose, et l’outil ne choisit pas à leur place.
Ce que les professionnels publient pour cette liste : de 5 000 W à 7 000 W au moment où tout démarre. Cet écart n’est pas une imprécision de notre part : c’est la distance entre deux méthodes professionnelles, reproduites telles quelles.
| Source | En marche | Au démarrage coefficient de chaque appareil |
|---|---|---|
| Promeca | 3 100 W | 7 000 W |
| Mabeo Industries | 3 400 W | 5 000 W |
Ce que Promeca dit de ses propres valeurs : « Valeurs données à titre indicatif, pour connaître la puissance continue (nominale) exacte. Veuillez vous reporter à la plaque constructeur figurant sur vos appareils. » Nous n’avons aucune raison d’être plus affirmatifs que la source.
Où poser le groupe : dehors. Les services de l’État demandent de « placer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments », et le ministère de la Transition écologique range le fait de « faire fonctionner un groupe électrogène à l’intérieur » parmi les gestes à ne pas faire. Un groupe thermique rejette du monoxyde de carbone : un garage, une cave ou un abri fermé ne conviennent pas, même porte entrouverte.
Combien de temps il tiendra
Ce calcul-là est de l’arithmétique pure : un réservoir divisé par une consommation. Les deux valeurs se lisent sur la notice de votre groupe, à un régime donné ; nous ne les préremplissons pas, parce que nous ne les connaissons pas.
Renseignez les deux valeurs, lues sur la notice de votre groupe.
Les sources de cette page
- Promeca — table des puissances et coefficients de démarrage, relevée le 3 août 2026.
- Mabeo Industries — puissances par pièce et facteurs multiplicateurs, relevée le 3 août 2026.
- Kiloutou — règle de calcul de la puissance, relevée le 3 août 2026.